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Le secret d'une marque


 

 

Ce mois-ci, nous nous sommes arrêtés sur une marque qui peut interpeller les collectionneurs débutants ou aguerris. Il s’agit de la marque très connue "opaque de Sarreguemines" répertoriée  "I13" dans notre livre Sarreguemines les marques de fabrique mais avec au-dessus une surcharge en arc de cercle : "BREVETE SGDG".Nous connaissions la formulation "terrine breveté SGDG" qui désigne un récipient fabriqué indifféremment à Sarreguemines ou à Digoin destiné à recevoir du foie gras  ou des pâtés et dont la forme et le système de fermeture avaient été l’objet d’un dépôt de brevet.


Pour les pièces qui nous intéressent, il aura fallu attendre un cycle d’études mené avec le musée de la faïence de Sarreguemines pour  découvrir le pourquoi de cette surcharge : il s’agit du procédé de transfert du décor.

Nous avons à faire ici à une image reportée sur une pâte opaque et obtenue non pas à partir d’une plaque métallique gravée mécaniquement mais d’une image issue d’une plaque obtenue par "photogravure". Même si le procédé a été utilisé depuis le début du 19e siècle artisanalement par Nicéphore Niépce, et amélioré après 1850 par Niépce de Saint Victor à qui l’on doit notamment les portraits imprimés à partir de photos de l’Impératrice Eugénie et de l’Empereur Napoléon III (1853), il n’était pas adapté à l’industrie. Ce procédé nécessitait des améliorations conséquentes pour pouvoir être utilisé industriellement pour la décoration des céramiques. C’est à l’issue de 4 années de recherches menées par l’ingénieur Charles Cherix que la maison Utzschneider & Cie. déposa en Allemagne et en France un brevet d’invention. Ce brevet déposé en France le 16 mai 1904 a été délivré le 29 juillet 1904 et publié le 27 septembre 1904 sous le n° 343.180.


"Assiette Régions de France portant cette marque"

Une étude à l'aide d'une loupe à fort grossissement permet aux spécialistes de différencier les traits obtenus à partir d'une plaque gravée au burin de ceux plus doux gravés à l'acide à partir d'un cliché photographique.

 C’est un procédé plus abouti qui est utilisé pour l’impression de photos par "photolithographie" pour les "assiettes lentilles", les plats ou autres pièces polychromes.  C’est une autre histoire qui sera expliquée à l’exposition "Photo et céramique" à visiter à compter du 22 juin 2012 au musée de Sarreguemines.

Henri Gauvin